Olivier Moriette
Née en 1978. Vit et travaille à Paris (75).
Que ce soit sur une toile ou sur le papier, le travail d’Olivier Moriette frappe par sa force. Chaque trait, chaque trace, semble venir d’un croquis originel. Ce croquis, toujours présent en filigrane, sert de base. Il est comme un socle sur lequel tout repose.
D’un geste à l’autre, l’artiste mêle gravure et peinture. Il ne cherche pas à masquer les étapes du processus. Au contraire, il les dévoile. Il montre tout, du début à la fin. Ainsi, matières, formes, abstraction et figuration cohabitent dans une même œuvre. Ce mélange donne une impression de création intense et physique.
Le papier devient un territoire. Il faut l’habiter, l’explorer, parfois même le conquérir. Sous les couches, sous les marques, apparaissent des paysages. Pourtant, il ne s’agit pas de paysages réalistes. Nulle trace d’arbre ou de rivière. Mais on sent le vent, la terre, la nuit. On perçoit des éléments bruts. Le feu, le noir, la brume.
Ce sont des paysages intérieurs, extraits de la mémoire ou de la sensation. Olivier Moriette les appelle lui-même des “carottages”. Il prélève une partie du réel ou du rêve, puis il la pose devant nous.
Mais jamais il ne nous impose une lecture. Il ne dit pas comment voir. Il laisse le spectateur libre. À chaque regard, une nouvelle interprétation peut naître. Il faut prendre le temps. Regarder. Imaginer.
Enfin, une phrase éclaire son approche : “Je peins comme un graveur. Je grave comme un peintre.” Elle résume son travail. Elle dit ce lien fort entre deux techniques, deux gestes, deux manières de créer. C’est là que réside toute la singularité de son art.